Le Circuit international de Buriram est devenu en quelques années un rendez-vous incontournable pour les pilotes, les équipes… et les fans. Moderne, rapide, spectaculaire, il incarne parfaitement la vision contemporaine de la course moto.
Un circuit jeune, mais déjà iconique
Inauguré en octobre 2014, le circuit de Buriram est l’un des plus récents tracés du championnat MotoGP. Conçu par l’architecte Hermann Tilke, il répond dès son ouverture aux plus hauts standards internationaux avec une double homologation FIA Grade 1 et FIM Grade A.
Situé au nord-est de la Thaïlande, dans la province de Buriram, le circuit s’inscrit dans une volonté claire : faire de la région un pôle majeur du sport mécanique en Asie du Sud-Est. Pari réussi.
Avec une capacité d’accueil d’environ 100 000 spectateurs, l’ambiance y est électrique, portée par un public thaïlandais réputé pour sa ferveur et sa passion sincère pour la moto.
Un tracé taillé pour le MotoGP
Le circuit affiche une longueur totale de 4,554 km, pour 12 virages, le tout parcouru dans le sens horaire. Sur le papier, cela peut sembler classique. Sur la piste, c’est une autre histoire.
Ce qui fait la signature de Buriram : un tracé qui mélange vitesse pure et gros freinages, avec des opportunités de dépassement bien réparties.
Buriram se distingue par :
- de longues lignes droites, idéales pour les moteurs les plus puissants,
- des zones de freinage très appuyées, parfaites pour les dépassements,
- une alternance de virages rapides et techniques, qui met à l’épreuve l’équilibre global des machines.
C’est un circuit qui récompense autant la vitesse de pointe que la stabilité au freinage, et qui oblige les pilotes à être propres, précis et intelligents dans la gestion des pneus.
Un circuit plat… mais exigeant
Contrairement à certains tracés européens, Buriram est relativement plat, sans dénivelé marqué. Et pourtant, cela ne le rend pas plus simple. Bien au contraire.
L’absence de relief met l’accent sur :
- la lecture parfaite des trajectoires,
- la gestion des transferts de masse,
- la constance sur toute la distance de course.
Ici, la moindre erreur se paye cash, surtout dans les sections rapides où la marge est réduite.
Le spectacle avant tout
Le dessin du circuit favorise clairement le spectacle MotoGP :
- grosses attaques en bout de ligne droite,
- freinages tardifs côte à côte,
- multiples opportunités de dépassement.
Résultat : des courses souvent animées, parfois imprévisibles, et très appréciées des fans comme des pilotes.
Buriram, plus qu’un circuit
Au-delà de l’asphalte, Buriram est devenu un symbole de l’expansion mondiale du MotoGP. Il représente :
- l’ouverture du championnat vers l’Asie,
- une nouvelle génération de circuits modernes,
- une connexion forte entre le sport et son public.
Pour beaucoup de pilotes, gagner à Buriram, c’est gagner devant l’un des publics les plus enthousiastes du calendrier.
1er Grand Prix de la saison MOTOGP 2026 à Buriram -Chang International - Thaïlande : Les préparatifs
À l’approche du GP de Thaïlande, premier rendez-vous de la saison MotoGP 2026, le paddock se retrouve sur un terrain désormais parfaitement identifié : le Chang International Circuit de Buriram. Ajoutée au calendrier en 2018 et sécurisée par un contrat courant jusqu’en 2031, l’épreuve thaïlandaise s’est imposée comme un point d’ancrage de la tournée asiatique, avec une logistique exigeante et une montée en pression accélérée par la proximité immédiate entre tests hivernaux et week-end de course. Tout se joue donc en quelques jours : valider une base technique, fixer les derniers choix de configuration et arriver dès les premiers essais libres avec un plan clair, dans un contexte où les écarts apparaissent faibles, mais où certains constructeurs semblent déjà avoir pris l’ascendant.
Les signaux les plus nets viennent de Ducati, annoncée au-dessus du lot durant l’hiver, portée par une dynamique collective et une hiérarchie dense. Pecco Bagnaia arrive notamment avec une confiance reconstruite : un an après un test à Buriram qui avait marqué le début d’une spirale négative, il explique s’être cette fois senti à l’aise, conservant de bonnes sensations d’un circuit à l’autre avec la nouvelle version de la Desmosedici. Dans le même temps, l’avantage mis en évidence lors des simulations et des longs relais souligne aussi la solidité de Marc Márquez, champion 2025, même si sa fin de préparation a été parasitée par un virus et ponctuée de chutes qu’il attribue à des erreurs de déconcentration. Les équipes italiennes gardent toutefois un sujet central avant l’ouverture : la moto n’est pas encore figée, certains choix aérodynamiques et d’équilibre restant à trancher avant le passage en mode course.
Derrière, l’intersaison révèle des trajectoires contrastées. Chez Aprilia, l’attention se concentre sur le retour de Jorge Martín : après une année 2025 lourdement marquée par les blessures et plusieurs opérations (main, épaule, poignet), il a enfin pu reprendre la piste à Buriram et se rassurer, même si la gestion physique demeure un paramètre de préparation. Côté Honda, la tendance est à la progression méthodique : la RC213V remonte la pente après des années difficiles, au point d’avoir perdu ses concessions, et Johann Zarco estime que la marque peut viser le top 10—tout en reconnaissant chercher encore l’osmose, ses sensations ayant fluctué avec les évolutions. À l’inverse, l’ambiance est plus lourde chez Yamaha : le pari du nouveau moteur V4 (en remplacement du quatre cylindres en ligne) n’a pas produit le bond espéré, avec des faiblesses apparues entre Sepang et Buriram. Fabio Quartararo et Álex Rins réduisent donc les attentes, parlant surtout de limitation des dégâts plutôt que d’objectif de résultat.
Enfin, les préparatifs prennent une dimension particulière pour Toprak Razgatlioglu. Nouveau venu en MotoGP après son statut de référence en WorldSBK, il doit assimiler en parallèle la catégorie, les pneus, l’électronique, et une machine en pleine adaptation au V4, ce qui rend son apprentissage complexe à la veille de son tout premier départ en Grand Prix. Dans ce décor brûlant de Buriram, où chaque run compte et où les décisions techniques se prennent parfois à quelques heures de la clôture des tests, l’ouverture de la saison 2026 s’annonce déjà comme un révélateur : entre favoris affirmés, retours attendus et projets en crise de résultats, la préparation en Thaïlande conditionne directement la hiérarchie du week-end.
MOTOGP 2026 à Buriram -Chang International - Thaïlande 1er jour Vendredi 27 Février 2026
La saison MotoGP 2026 a officiellement démarré à Buriram, sur le Chang International Circuit, cinq jours seulement après la fin des tests hivernaux sur le même tracé. Dans une chaleur déjà étouffante (31°C dans l’air et près de 40°C sur l’asphalte), cette première journée a rapidement donné le ton d’un championnat annoncé serré, entre adaptation technique, gestion des pneus et lutte immédiate pour l’accès à la Q2 via le top 10 des Essais de l’après-midi.
Au centre de l’attention, Marco Bezzecchi a confirmé sa dynamique en plaçant son Aprilia tout en haut de la feuille des temps, avec un record officiel de la piste en 1’28”526 (après avoir déjà brillé lors du test). Malgré ces signaux forts, l’Italien continue de calmer le jeu et renvoie le statut de favori vers les références du plateau, en particulier Marc Márquez, tout en prévenant que les « hommes forts » sont capables de hausser le niveau dès le lendemain quand l’enjeu monte. Derrière, Jorge Martín a lui aussi envoyé un message important : après une saison précédente compliquée par les blessures, il a réussi à se placer d’emblée dans les meilleures positions et à valider une qualification directe en Q2, illustrant un retour à la régularité au moment où le championnat s’ouvre.
Côté Français, la journée est encourageante pour Johann Zarco, passé en Q2 pour 24 millièmes seulement en accrochant le 10e temps des Essais au terme d’une séance rendue délicate par quelques gouttes. À l’inverse, Fabio Quartararo a affiché une approche plus mesurée : déterminé à éviter les « coups de sang », il constate que la nouvelle Yamaha V4, introduite cette année, souffre encore d’un écart significatif face à la concurrence, signe que le projet est en phase de construction malgré les changements internes opérés.
Parmi les faits marquants, Pecco Bagnaia se retrouve piégé et contraint de passer par la Q1 après avoir manqué le top 10 lors des Essais, un contretemps notable pour un candidat naturel au haut du classement. Dans le clan Gresini, l’intérim assuré par Michele Pirro (remplaçant de Fermín Aldeguer, encore convalescent) s’est accompagné d’un épisode disciplinaire : Pirro a reçu la première pénalité de la saison après un incident impliquant Álex Márquez. En parallèle de la piste, le paddock a aussi vécu une « rentrée » symbolique avec Günther Steiner, nouveau PDG Tech3 et rookie dans l’univers MotoGP, venu apprivoiser les codes d’un championnat aussi spécifique que médiatisé.
MOTOGP 2026 à Buriram - Le sprint du Samedi 28 Février 2026
À Buriram, le sprint MotoGP 2026 a lancé la saison sur un mélange explosif de spectacle et de polémique. Alors que Marco Bezzecchi (Aprilia) arrivait avec l’étiquette de favori après avoir dominé les tests d’avant-saison, les essais libres et décroché la pole position, la course courte a basculé dès ses premières phases : l’Italien, pourtant le plus rapide du week-end, a payé cher ses erreurs avec plusieurs chutes qui ont ruiné ses chances. Ce scénario a ouvert la porte à un duel au sommet entre Pedro Acosta (KTM) et Marc Márquez (Ducati), devenu le véritable fil rouge de cette manche inaugurale disputée sur le Chang International Circuit.
Le face-à-face Acosta–Márquez a tenu toutes ses promesses, avec une pression constante du pilote KTM, auteur de multiples tentatives de dépassement. Márquez a longtemps résisté, malgré une préparation perturbée par une blessure à l’épaule et une adaptation encore imparfaite à sa Ducati, assumant des choix techniques orientés vers le contrôle et la gestion physique. Le tournant intervient dans le dernier secteur : une manœuvre jugée trop agressive de Márquez a entraîné une décision des commissaires lui imposant de rendre une position. Résultat : Acosta récupère la tête et file vers une victoire historique, signant son premier succès en MotoGP et devenant le premier leader du championnat, au terme d’un sprint aussi intense que controversé.
Derrière, l’actualité n’a pas manqué. Jorge Martín a impressionné en retrouvant rapidement un niveau compétitif avec Aprilia après un hiver entre reprise et convalescence, et sa 5e place a même été brièvement menacée par une enquête sur la pression du pneu avant, avant d’être finalement confirmée. Pecco Bagnaia, malgré des essais hivernaux rassurants, a semblé encore prisonnier de ses difficultés de 2025, tandis que Johann Zarco, 12e, a quitté la piste frustré mais lucide sur un écart encore rattrapable. Journée plus sombre pour Fabio Quartararo, seulement 16e, symbole d’une Yamaha encore en phase d’exploitation et loin des avant-postes. Enfin, une seconde situation litigieuse a animé les discussions avec Álex Márquez, impliqué dans un incident en début de course sans sanction au final. À Buriram, ce sprint a donné le ton : une saison 2026 déjà sous haute tension, où performance, chutes et décisions de course pourraient peser lourd dès les premières manches.
Classement pilotes MotoGP 2026 après le sprint du Samedi 28 Février 2026
| NOM PILOTE | PAYS | POINT | EQUIPE |
|---|---|---|---|
| Pedro Acosta | Espagne ![]() | 12 | Red Bull KTM Factory Racing |
| Marc Marquez | Espagne ![]() | 9 | Ducati Lenovo Team |
| Raul Fernandez | Espagne ![]() | 7 | Trackhouse MotoGP Team |
| Ai Ogura | Japon ![]() | 6 | Trackhouse MotoGP Team |
| Jorge Martin | Espagne ![]() | 5 | Aprilia Racing |
| Brad Binder | Afrique du sud ![]() | 4 | Red Bull KTM Factory Racing |
| Joan Mir | Espagne ![]() | 3 | Honda HRC Castrol |
| Fabio Di Giannantonio | Italie ![]() | 2 | Pertamina Enduro VR46 Racing Team |
| Francesco Bagnaia | Italie ![]() | 1 | Ducati Lenovo Team |
| Luca Marini | Italie ![]() | 0 | Honda HRC Castrol |
1er MOTOGP 2026 à Buriram - La course du Dimanche 1er Mars 2026
Ce Grand Prix de Thaïlande 2026 à Buriram a lancé la saison sur un scénario aussi spectaculaire qu’inattendu. Sur un circuit connu pour la surchauffe des gommes, Michelin avait apporté un pneu arrière à structure renforcée, et la majorité du plateau a validé une stratégie quasi commune lors du warm-up : pneu avant tendre et arrière medium, un compromis jugé le plus adapté pour encaisser les 26 tours dans la chaleur.
Le grand homme du dimanche s’appelle Marco Bezzecchi (Aprilia). Après une chute qui avait ruiné son sprint la veille, l’Italien a transformé sa supériorité en démonstration : victoire en solitaire, meilleur tour en course et un rythme qui a rapidement creusé l’écart. Ce succès prolonge une dynamique exceptionnelle, puisque Bezzecchi signe une série de trois victoires consécutives en comptant la fin de saison 2025, une performance marquante pour Aprilia et un signal fort dès l’ouverture du championnat.
Derrière, Pedro Acosta (KTM) confirme son changement de dimension. Déjà vainqueur du sprint, il termine deuxième de la course principale et repart de Buriram en tête du championnat — une première pour lui, mais aussi un événement historique pour KTM. Plus largement, cela met fin à une longue période dominée au classement par Ducati : on n’avait plus vu une autre marque mener le général depuis l’ère Fabio Quartararo (Yamaha).
Classement pilotes après le 1er grand Prix de la saison MotoGP 2026 à Buriram
| NOM PILOTE | PAYS | POINT | EQUIPE |
|---|---|---|---|
| Pedro Acosta | Espagne ![]() | 32 | Red Bull KTM Factory Racing |
| Marco Bezzecchi | Italie ![]() | 25 | Aprilia Racing |
| Raul Fernandez | Espagne ![]() | 23 | Trackhouse MotoGP Team |
| Jorge Martin | Espagne ![]() | 18 | Aprilia Racing |
| Ai Ogura | Japon ![]() | 17 | Trackhouse MotoGP Team |
| Brad Binder | Afrique du sud ![]() | 13 | Red Bull KTM Factory Racing |
| Fabio Di Giannantonio | Italie ![]() | 12 | Pertamina Enduro VR46 Racing Team |
| Marc Marquez | Espagne ![]() | 9 | Ducati Lenovo Team |
| Franco Morbidelli | Italie ![]() | 8 | Pertamina Enduro VR46 Racing Team |
| Francesco Bagnaia | Italie ![]() | 8 | Ducati Lenovo Team |
La course a aussi été marquée par l’un des faits les plus rares en MotoGP : une crevaison contraignant Marc Márquez (Ducati) à l’abandon. Alors qu’il venait d’être violemment secoué en passant sur un vibreur, le pilote s’est arrêté avec un pneu arrière à plat, visiblement déjanté. Ce coup du sort s’ajoute à un week-end déjà mouvementé, entre incident en sprint et issue frustrante, et il rappelle à quel point Buriram peut punir la moindre alerte sur la gestion des pneus et des températures.
Et Márquez n’a pas été le seul touché par des problèmes liés à l’arrière : Joan Mir, alors 5e, a lui aussi dû ralentir après une dégradation excessive qui a compromis sa course. Dans ce contexte, le résultat global souligne une autre surprise majeure : Ducati sans podium. Un an après un quadruplé en Thaïlande, la marque italienne connaît sa première course sans top 3 depuis 1645 jours (dernier précédent : GP de Grande-Bretagne 2021), preuve que la hiérarchie 2026 s’annonce plus ouverte.
Côté constructeurs en difficulté, les débuts du V4 Yamaha se sont révélés compliqués : malgré son introduction progressive via des wild-cards, le moteur exige encore un développement important, et les résultats du week-end l’ont confirmé. Enfin, en dehors des premières places, Johann Zarco a sécurisé des points avec la 11e place, qu’il présente comme un repère encourageant pour la suite, tandis que le clan Tech3, désormais sous la direction de Günther Steiner, a vécu un premier rendez-vous difficile à Buriram.
1er MOTOGP 2026 à Buriram : Résumé & conclusion
Le premier Grand Prix MotoGP 2026, disputé à Buriram (Chang International Circuit), a lancé la saison sur un week-end aussi spectaculaire qu’imprévisible, mêlant performance pure, polémiques et incidents pneumatiques. Depuis son arrivée au calendrier en 2018 et avec un contrat allant jusqu’en 2031, le GP de Thaïlande s’est imposé comme un rendez-vous clé, et cette édition d’ouverture l’a confirmé par son intensité sportive et ses enseignements majeurs pour le championnat.
La star du week-end côté vitesse a été Marco Bezzecchi : leader des tests, dominateur des séances depuis vendredi et auteur de la pole position avec Aprilia. Malgré une journée de samedi marquée par plusieurs chutes (dont celle du sprint alors qu’il menait), l’Italien a parfaitement remis les pendules à l’heure dimanche en remportant le Grand Prix en solitaire, avec aussi le meilleur tour en course. Sa victoire prolonge une dynamique forte puisqu’il signe un troisième succès consécutif en comptant la fin de saison 2025, un signal très sérieux pour Aprilia dans la lutte au titre.
Classement par équipe après le MotoGP 2026 à Buriram
| EQUIPE | POINT |
|---|---|
| Red Bull KTM Factory Racing | 45 |
| Aprilia Racing | 43 |
| Trackhouse MotoGP Team | 40 |
| Pertamina Enduro VR46 Racing Team | 20 |
| Ducati Lenovo Team | 17 |
| Honda HRC Castrol | 9 |
| LCR Honda | 8 |
| Red Bull KTM Tech3 | 4 |
| Monster Energy Yamaha MotoGP Team | 3 |
| Prima Pramac Yamaha MotoGP | 0 |
| BK8 Gresini Racing | 0 |
En parallèle, Buriram a été le théâtre d’un tournant symbolique : la fin d’une longue série pour Ducati. Un an après un quadruplé sur ce même GP, la marque italienne quitte cette fois la Thaïlande sans le moindre pilote sur le podium, une première depuis 1645 jours (depuis Silverstone 2021). Ce décrochage, combiné à plusieurs faits de course, change immédiatement la lecture du championnat : l’avantage “structurel” Ducati paraît moins automatique en ce début d’année.
L’autre grand homme du week-end est Pedro Acosta. Le pilote KTM a gagné le sprint (sa première victoire sprint en catégorie reine) puis a terminé deuxième de la course principale. Résultat : Acosta repart leader du championnat MotoGP 2026, une première pour lui… et une première également pour KTM. Plus largement, cela n’était plus arrivé pour une marque autre que Ducati en tête du général depuis Fabio Quartararo à l’époque Yamaha, preuve que l’ordre établi peut bouger dès l’ouverture.
Le sprint a toutefois déclenché la première grande polémique de la saison. Dans le duel Acosta–Marc Márquez, la direction de course a demandé au pilote Ducati de rendre une position après un dépassement considéré trop agressif ayant poussé le pilote KTM au-delà des limites de piste. Márquez a laissé passer Acosta dans le dernier virage, scellant un résultat à forte portée médiatique et sportive. Dans le même temps, un autre incident a alimenté les discussions, avec Álex Márquez impliqué dans une manœuvre controversée qui, elle, n’a pas débouché sur sanction.
Dimanche, le scénario a basculé pour Marc Márquez. Déjà annoncé moins à l’aise que prévu sur la Ducati, encore limité physiquement après une blessure à l’épaule et une convalescence jugée plus lourde qu’anticipé, il a surtout été contraint à l’abandon pour un événement rare en MotoGP : une crevaison (pneu arrière à plat / déjanté) survenue après un violent passage sur un vibreur. À Buriram, circuit connu pour faire surchauffer les gommes, Michelin avait apporté un pneu arrière à structure renforcée, mais cela n’a pas empêché ce fait de course majeur, qui a pesé sur l’issue de l’épreuve et relancé le débat sur les limites d’exploitation pneumatique dans ces conditions.
Derrière les hommes forts, plusieurs tendances se dessinent. Chez Yamaha, les débuts en course du V4 (après des wild-cards en 2025) ont été laborieux : le potentiel existe mais le moteur et l’ensemble nécessitent encore un important développement. Fabio Quartararo, loin au sprint, anticipe un début de saison compliqué au vu du déficit de performance. Côté Honda, Johann Zarco sauve un bilan perfectible en inscrivant des points (11e) en Grand Prix, tout en restant lucide : la marge est mince, mais il veut capitaliser sur des améliorations possibles.
Enfin, d’autres dossiers ont animé le paddock : Jorge Martín a affiché un retour au rythme impressionnant après une période marquée par blessures et convalescence ; son classement au sprint a même été menacé par une enquête de pression de pneu avant finalement classée sans suite. Chez Ducati, Pecco Bagnaia semble encore englué dans des difficultés entrevues en 2025, tandis que Tech3, pour son premier GP sous la direction de Günther Steiner, a vécu un week-end en deçà des attentes, révélateur d’un chantier sportif et opérationnel à stabiliser.
Conclusion : Ce 1er MotoGP 2026 à Buriram a posé les bases d’une saison potentiellement plus ouverte : Aprilia gagne avec autorité via Bezzecchi, KTM prend la tête du championnat avec Acosta, et Ducati subit un rare week-end sans podium, aggravé par l’abandon de Márquez sur crevaison. Entre luttes au sommet, décisions de direction de course et enjeux techniques (pneus, développement moteur, forme physique), la Thaïlande a agi comme un révélateur : le championnat 2026 s’annonce instable, stratégique et ultra-compétitif dès ses premiers tours de roue.



